Profession de foi de Tayeb TOUAZI
Mes chers(e) amis(e),
C’est avec gravité et responsabilité que j’ai pris la décision de faire acte de candidature à la présidence de notre parti lors de notre prochain congrès : Gravité car nous traversons une crise économique d’une exceptionnelle violence mettant à mal la cohésion sociale du pays, et responsabilité car je connais l’ampleur de la tâche qui attend toute femme et tout homme qui aspire à cette fonction.
Aussi, permettez-moi, chers(e) amis(e), de vous exposer les motifs de ma candidature.
J’aimerais, tout d’abord rappeler les fondements de notre mouvement que vous connaissez :
« Le Nouveau Centre est un mouvement politique qui concourt à l’expression du suffrage universel, conformément à l’article 4 de la Constitution du 4 octobre 1958.
Le Nouveau Centre a pour objet de promouvoir les idéaux et les valeurs de la République dans le respect des principes fondamentaux consacrés par la Constitution.
Le Nouveau Centre oeuvre à l’épanouissement des libertés individuelles et collectives et promeut les solidarités actives en faveur des plus fragiles.
Il oeuvre pour l’édification d’une démocratie de responsabilité et pour le développement d’une économie de marché tendant à garantir la justice sociale et le dialogue.
Fidèle à la tradition décentralisatrice, le Nouveau Centre est attaché à renforcer la libre administration des collectivités territoriales.
Animé par l’idéal européen des Pères fondateurs, il agit pour la construction d’une Europe fédérale capable de promouvoir son modèle de société et de défendre ses valeurs et ses intérêts dans la mondialisation (article 2 de nos statuts) ».
A ce titre, je partage les valeurs d’humanisme moderne, de promotion des libertés, de justice sociale et fiscale, de tolérance et d’affirmation d’un nouvel élan européen…formulées dans l’appel au rassemblement de tous les centristes du 25 mars 2010.
C’est dans ce « corpus humaniste », fidèle à notre histoire que le Nouveau Centre porte l’idée d’une société apaisée, solidaire et humaine.
A ce titre, je rejoins notre Président Hervé Morin sur le fait que « notre courant de pensée recherche l’idée de l’équilibre, ainsi que les clés de la tolérance et de l’unité du pays ».
Je pense que nous pouvons tous partager cet idéal.
Pour autant, et dans le cadre de notre Congrès, il est utile et nécessaire de s’interroger sur notre action depuis 2008.
Et je dois vous dire, mes chers(e) amis(e), que je ne peux partager la fierté de notre Président concernant le bilan de l’action du gouvernement et de la majorité.
Notre mouvement ne peut rester indifférent à la souffrance des paysans et des producteurs de lait en particulier, à la souffrance des salariés qui viennent de perdre leur emploi, à la souffrance des retraités qui n’arrivent plus à payer leurs factures qui augmentent sans cesse, à la souffrance des habitants dans les quartiers populaires « abandonnés », à la souffrance des petits chefs d’entreprise qui luttent pour sauver leur entreprise face à des banques arrogantes, à la souffrance des fonctionnaires qui voient leurs conditions de travail se dégrader dans un contexte ou le service public est plus que jamais nécessaire…
Non, je ne vois vraiment pas de quoi être fier dans l’action de ce gouvernement d’une manière générale.
Certes, nous pouvons saluer la création du RSA et du service civique par exemple.
Néanmoins, nous ne pouvons ignorer l’ampleur des déficits publics, abyssaux, qui viennent assombrir l’avenir de nos générations futures. C’est irresponsable.
Nous ne pouvons ignorer la situation européenne qui peine à parler d’une seule et même voix sur le plan international mais aussi sur la question d’un gouvernement économique européen. Le moteur Franco-allemand, longtemps locomotive de la construction européenne semble en panne…
Nous ne pouvons ignorer l’injustice qui consiste à prendre à ceux qui ont le moins, pour donner à ceux qui ont le plus, provoquant un accroissement continu des inégalités, mis en évidence par le constat de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques dans son dernier dossier annuel sur « Les revenus et le patrimoine des ménages ». Le refus de suspendre le paquet fiscal témoigne de cette volonté de protéger les plus riches.
Mes chers(e) amis(e), la liste est longue, et nous payons très cher notre participation à cette majorité, à ce gouvernement, dans lesquels nous sommes relayés au rang de godillots…
Les électeurs centristes ne se reconnaissent plus dans notre silence.
Il me semble que nos valeurs et notre idéal valent plus que quelques strapontins !
Nous ne pouvons cautionner la brutalité présidentielle, les décisions injustes, les « sujets médiatiques » qui opposent les Français entre eux… Le débat sur l’identité nationale en est une illustration.
Il est temps pour nous d’effectuer une véritable rupture dans la façon dont nous concevons notre place dans la majorité.
Nous devons revenir à nos fondamentaux :
L’équilibre des pouvoirs : Pour une démocratie apaisée
L’hyperprésidence ne s’inscrit pas dans notre tradition politique. Nos institutions fonctionnent lorsqu’elles se respectent entre elles. A ce titre, le Parlement doit jouer son rôle de législateur au service du bien commun. Les collectivités locales ont également une grande responsabilité dans la vie quotidienne de nos concitoyens.
A ce titre, la réforme des collectivités, qui s’apparente à du bricolage électoral et à des économies de bouts de chandelle, doit encore évoluer.
L’idéal européen : Une vision du monde
Nous ne pouvons continuer à marteler l’idéal européen et négliger le respect de nos engagements sur les déficits publics notamment.
Nous devons poursuivre la volonté de créer une gouvernance économique européenne.
Nous devons soutenir l’émergence d’une parole européenne sur la scène internationale, notamment en ce qui concerne les conflits en Irak, en Afghanistan, au Proche-Orient…
La justice sociale : Le ciment d’une cohésion sociale pour un mieux vivre ensemble
Nos concitoyens connaissent la situation économique de la France, ils sont conscients des efforts que chacun devra faire. Ils font preuve d’une grande responsabilité qui honore notre démocratie.
Pour autant, nos concitoyens ne peuvent comprendre les efforts demandés seulement s’ils sont justes, équitables…
De même, il semble fondamental de soutenir le tissu très important des petites et moyennes entreprises françaises, trop souvent stigmatisées par les agissements contestables des grandes entreprises.
Les banques doivent se trouver aux côtés de nos concitoyens pour soutenir leur projet de vie.
De plus, nous avons l’obligation morale de nous attaquer aux profits du capital, qui échappent à ce jour à toute participation à la solidarité nationale.
C’est dans la recherche de la justice sociale que nous trouverons des possibilités d’agir avec l’ensemble des forces vives de notre pays ; syndicats, associations, entreprises…
La lutte contre les déficits budgétaires : Un engagement pour les générations futures
Vous l’aurez compris, malgré les alertes de Charles de Courson et de Jean Arthuis, réputés pour le sérieux de leur analyse, le gouvernement n’a pas fait de la lutte contre les déficits budgétaires une priorité.
Nous ne pouvons laisser filer les déficits pour financer des promesses électorales, jugées inefficaces économiquement pour certaines d’entre elles.
Nous devons faire preuve de sérieux, et à ce titre, prendre de la distance face à l’exercice « politicien » de la politique qui consiste à donner des avantages à certaines catégories pour satisfaire un électorat particulier.
L’avenir des générations futures mérite beaucoup mieux.
Nos concitoyens perdent peu à peu confiance en leurs représentants. La crise a créé une inquiétude profonde chez nos concitoyens et une souffrance extrême pour les plus fragiles d’entre nous. Il est donc urgent que la majorité réagisse.
Nous devons y contribuer, nous devons être un partenaire loyal mais exigeant, solidaire mais déterminé, respectueux mais tenace.
Notre combat dépasse les intérêts particuliers, les combinaisons électoralistes, les logiques d’ouverture… Il est une nécessité, un destin pour une société apaisée, plus juste, plus solidaire et plus humaine.
Mes chers(e) amis(e), c’est vers cet horizon que je souhaite vous conduire…
Respectueusement
Tayeb TOUAZI
Biographie de Tayeb TOUAZI
QUI SUIS-JE ?
Je suis né le 25 aout 1959 dans un petit village de Kabylie en Algérie. Fils de militaire français, j’ai reçu une éducation alliant la rigueur et la discipline mais aussi beaucoup d’amour familial.
En France depuis 1964 avec des passages dans différentes régions, je m’installe à Dreux en Eure et Loir en 1966.
Après des études de droit et un début de carrière professionnelle dans le privé et le public, je vais être happé par la « chose politique » en 1995, période cruciale pour la ville de Dreux et son histoire avec le front national.
C’est cette même année que je suis élu avec l’équipe de Gérard Hamel aux municipales. Je prends des responsabilités d’Adjoint au maire qui me permettront de me familiariser aux différents aspects de la gestion d’une collectivité locale et je lutte sans faille contre le front national.
Très impliqué sur les questions sociales, économiques et environnementales, je suis un militant associatif engagé sur les problématiques de diversité et de renouvellement urbain.
Chevalier dans l’ordre National du mérite, je suis intransigeant sur les questions d’éthique.
Très attaché à la valorisation et à la reconnaissance des mémoires, je suis sympathisant et ami de la Fondation Maréchal Leclerc dont j’ai été récipiendaire du prix de l'audace.
Marié et père de 3 enfants, je suis pour une Europe forte et solidaire qui doit peser dans la construction d’un monde plus juste et plus fraternel pour les générations futures.