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Le grand emprunt, une bonne mesure, mais insuffisante pour restaurer la performance de l'économie française

Les orientations stratégiques du grand emprunt annoncées ce matin par le Président de la République sont des mesures positives pour préparer l'avenir, mais elles restent largement insuffisantes si l'on veut permettre à l'économie française de retrouver le dynamisme de son tissu industriel et sa compétitivité sur la scène européenne. Il est urgent d'entamer des réformes structurelles qui remettent le pays sur les rails d'un modèle de croissance enfin basé sur la production, et non sur une consommation financée à crédit comme c'est le cas depuis de trop nombreuses années. La France ne restera un grand pays que si elle bâtit une politique centrée sur la restauration de son secteur productif.

Je propose donc d’accompagner le grand emprunt d’un plan d’action national pour les PME et d'une réforme de la fiscalité qui tienne enfin compte de la globalisation.

Le déficit record de la balance commerciale de la France, qui a atteint 7 milliards d'euros au mois d’avril alors que l'Allemagne enregistrait sur la même période un excédent commercial de 6 milliards d’euros,  montre qu'il est urgent de remettre nos PME au cœur de la croissance. Elles seules sont capables de créer les 4 millions d'emplois marchands indispensables à notre économie. Nos PME ont à la fois besoin d'une stabilité des règles juridiques qui ne cessent de changer au grès de nouvelles législations, d'un allègement des charges sociales, d'une législation en matière d'embauche qui respecte à la fois une certaine flexibilité, tout en assurant une sécurité du salarié.

* La mise en place de puissants moteurs de financement
Pour abonder significativement le financement des PME, je propose également d’inciter fiscalement à investir dans le capital des PME en permettant une déductibilité de l’impôt sur le revenu jusqu’à 200 000 euros investis dans une PME. Cette mesure sera financée par une réduction des niches fiscales à due proportion. La déductibilité fiscale de l’investissement est facteur de richesses et donc de recettes fiscales à venir.
Mais cette nouvelle donne ne pourra se faire sans la mise en place d'une fiscalité qui tienne enfin compte de la mondialisation. Aujourd'hui, notre fiscalité pèse sur notre production. Notre politique fiscale doit s'adapter en privilégiant une fiscalité qui touche les flux plutôt que les entreprises. J'appelle de mes vœux à la mise en place d'une TVA Emploi qui, associée à un Grenelle des salaires, permettra une baisse des charges sociales patronales et ainsi une amélioration du pouvoir d'achat par une augmentation des salaires. Il s’agit également d’asseoir sur les importations une partie des cotisations sociales en ne faisant plus peser tout le financement de notre protection sociale sur les seuls travailleurs.
Le décrochage économique de la France n’est pas une fatalité. Il est possible de rester compétitif dans la mondialisation tout en préservant un haut niveau de protection sociale, comme le démontre si bien l’Allemagne aujourd’hui.        

Hervé MORIN
Président du Nouveau Centre