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Interview d'Hervé Morin - Nice-Matin

Vous avez lancé la confédération  avec Jean Arthuis, mais vous n’êtes  pas d’accord sur les alliances. Vous regardez exclusivement à droite quand lui regarde de Bayrou à la gauche...  

Nous avons beaucoup plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent. Jean Arthuis pense nous serons plus forts en nous adressant à tout le monde. Moi, j’ai la conviction que le centre est dans une stratégie d’alliance claire pour qu’il pèse vraiment dans la vie politique française, sur les grands arbitrages et sur les grandes décisions. Nous voulons avancer en marchant.

Ces divergences peuvent tout de même surprendre l’électorat centriste.

Tout cela se clarifiera avec le temps. Dans mon propre parti, Maurice Leroy, membre du gouvernement, dit qu’il faut discuter avec Bayrou. On voit bien que chez les centristes il y a des nuances d’appréciation comme il peut y au PS ou à l’UMP.  C’est une période de clarification. Il faut qu’on apprenne à parler ensemble.

François Sauvadet aurait préféré un partenariat avec le Parti Radical de Jean-Louis Borloo.

Pour moi cette confédération ce n’est pas l’Alliance centriste de Jean Arthis et le  Nouveau centre. Elle doit aussi fédérer tous les centristes qui se reconnaissent dans notre démarche. Elle est ouverte à tout le monde. Borloo a donné son calendrier. Si le 17 mai au matin, après son congrés,  il a quitté l’UMP, il aura toute sa place dans la confédération.

Quels sont les liens entre l’UMP et le Nouveau Centre ?

Le Nouveau centre est un parti indépendant qui n’a aucun lien organique avec l’UMP . Nous sommes dans une stratégie d’alliance et nous souhaitons que cette alliance soit plus équilibrée. Nous pensons d’ailleurs que sur bien des sujets, si on nous avait écoutés, on aurait évité bien des bêtises.

Lesquelles par exemple ?

Depuis 2007 nous savions que le bouclier fiscal ne tiendrait pas, que c’était une mauvaise solution pour régler le problème de l’ISF. Si on nous avait écouté, on aurait pu éviter de se tromper dès le départ.

Sarkozy ne souhaite pas de candidat centriste en 2012. En avez-vous parlé avec lui ? Serez-vous candidat ?

On n’a pas évoqué le sujet.  Parce qu’il connait ma position et que je connais la sienne. Ma démarche est aujourd’hui de construire un projet politique qui amènera effectivement à avoir un candidat.

Jean Arthuis souhaiterait l’organisation de primaires au centre. Pas vous. Pourquoi ?

On doit tous avoir l’intelligence de considérer que les choses se règleront d’elles mêmes par une appréciation politique. On doit aussi avoir l’intelligence d’effacer les ambitions personnelles. 

Une alliance avec François Bayrou est elle possible ?

Pour le moment, je laisse à François Bayrou le soin de régler les contradictions de sa démarche.

Finalement, c’est très compliqué d’être centriste aujourd’hui ? 

La démocratie française ne repose pas simplement sur l’élection d’un homme providentiel.Celui-ci n’existe pas.De plus, quand on a mis une immense espérance dans une élection, il y a forcément une immense déception après. La démocratie c’est un mode de gouvernance et je veux qu’on soit comme toutes les démocraties européennes, dans une coalition où la diversité de la société française se retrouve pour faire émerger les meilleures solutions.

Propos recueillis par André Fournon