En déplacement à Perpignan pour animer une réunion publique dans le cadre de la campagne des élections régionales, Hervé Morin a accordé une interview à l'Indépendant.
Le Nouveau Centre s'engage dans les élections régionales de mars prochain au côté de l'UMP, quelle place sera accordée à vos représentants sur les listes en Languedoc-Roussillon ?
Ecoutez, c'est trop tôt pour donner un bilan définitif. Le Languedoc-Roussillon est une région dans laquelle les discussions se passent plutôt bien. Il y aura notamment Julien Devèze, jeune centriste du Gard, et dans les P.-O. Annabelle Brunet. Pour nous, ces élections régionales sont l'occasion de faire entrer dans le grand bain un certain nombre
de jeunes. Le principe national étant de présenter 20 % de candidats Nouveau Centre dans chacun des trois tiers des listes. Et au niveau des régions, on peut avoir une pondération différente en fonction de chaque département.
A l'élection présidentielle de 2012, le NC présentera-t-il un candidat ?
Mon ambition, c'est que le Nouveau Centre, portant l'héritage de l'UDF, soit en mesure d'avoir un candidat à l'élection présidentielle pour incarner cette famille politique qui a toujours existé dans la vie politique française.
Vous pourriez être ce candidat ?
Il appartiendra aux militants d'en décider le moment venu. J'ai porté la création de ce parti avec l'idée que l'UDF avait sa place dans la vie politique française. Et puis va s'ouvrir après ces élections régionales une nouvelle phase au cours de laquelle nous allons porter le projet d'un humanisme moderne et d'une France réconciliée avec son destin européen.
Avec le ralliement d'Hervé de Charette, vous avez en effet le projet de refonder l'UDF, ce qui vous amène à affronter François Bayrou pour l'utilisation du logo notamment. Mais au-delà des querelles juridiques, quel est le véritable enjeu entre UDF ou pas UDF ?
Il est clair que François Bayrou a abandonné l'UDF, il en a souhaité la mort, à la fois par son positionnement politique et par son changement de nom, puisque c'est devenu le Modem. Donc les seuls qui sont en mesure de revendiquer l'UDF, c'est nous. Ça fait bien longtemps que nous disons que le Nouveau Centre, c'est l'UDF d'aujourd'hui. Le nom UDF représente un courant de pensée connu de tous les Français, qui en son temps, a porté une réelle modernité. Valéry Giscard d'Estaing, c'est la loi sur l'IVG, le remboursement de la contraception ou la loi sur le handicap... Je veux m'inscrire dans cette filiation. Quant au changement de nom du parti, c'est un débat que je vais engager avec les militants et qui sera tranché au printemps.
Quel est votre sentiment personnel sur les plaintes que les familles des soldats tués en Afghanistan ont déposé auprès du tribunal aux armées ?
Je sais à quel point perdre un proche est insupportable pour les familles. Mais la judiciarisation de la vie militaire est un risque de paralysie de nos armées. Je pense qu'il n'y a pas eu de faute ; il y a simplement l'incertitude des opérations militaires.
Où en est-on des renforts de matériels destinés à l'Afghanistan ?
La majeure partie des 200 000 euros de matériel est arrivée. Aujourd'hui, je pense que nos soldats n'ont rien à envier aux autres en matière d'équipements.
Où en sont les recherches sur le terrain concernant les deux journalistes de France 3 disparus ?
Nous n'avons aujourd'hui aucun contact direct avec les probables ravisseurs. Les sources afghanes sont très contradictoires. Ils ne sont pas localisés.
Les soldats français ont-ils pu instaurer un climat de confiance avec la population locale ?
Les militaires français ont un savoir-faire incomparable en la matière. Les vallées dont nous avons la responsabilité ont connu de vrais progrès. Ce que font les Français, c'est l'exemple à suivre.
Propos recueillis par Sophie Babey