LE FIGARO.- Que pensez-vous du futur mode de scrutin territorial ?
Valérie LÉTARD. - Le projet, tel qu'il a été voté par les députés, raye d'un trait de plume le pluralisme et la parité, pourtant inscrite dans la Constitution. C'est un recul très net par rapport à la première mouture du projet et c'est en contradiction avec la politique de promotion de l'égalité hommes-femmes que nous menons depuis 2007.
Si vous étiez toujours parlementaire, quelle serait votre attitude ?
Si le texte restait en l'état, j'en tirerais les conséquences. Mais je compte beaucoup sur la sagesse du Parlement pour revenir à un mode de scrutin plus conforme à nos valeurs. La majorité doit marcher sur ses deux jambes. Sinon, elle s'expose à revivre la déconvenue des régionales. Leur résultat montre que la liste unique n'a pas produit d'effet levier ni de dynamique, comme nous l'avions espéré avec Nicolas Sarkozy.
Souhaitez-vous que le Nouveau Centre présente un candidat en 2012 ?
Il faut un candidat qui représente l'ensemble de la famille centriste. C'est «la» condition pour que la droite et le centre puissent gagner en 2012. Pour y parvenir, je souhaite que l'on s'achemine vers une confédération de cette famille. Le moment venu, elle choisira en son sein la personnalité la plus apte à la représenter à la présidentielle.
Grâce à des primaires, comme le suggère le président de l'Alliance centriste, Jean Arthuis ?
Pourquoi pas ? Mais la priorité, c'est de nous adresser aux électeurs centristes qui ne se retrouvent pas dans une UMP revenue à ses fondamentaux ni dans un Parti socialiste qui se radicalise sous l'impulsion de Martine Aubry, qui lorgne vers l'extrême gauche. Nous devons nous identifier à des propositions fortes, comme la «règle d'or» budgétaire défendue par Charles-Amédée de Courson, pour préparer les conditions d'une candidature en 2012 dans la fidélité à notre appartenance à la majorité.
Le futur candidat centriste pourra-t-il rester ministre ?
Le choix de notre candidat, ou candidate, se fera vraisemblablement lors du premier trimestre 2011. Il ou elle devra alors se consacrer exclusivement à préparer cette échéance majeure.