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Revue de presse

Interview de François Sauvadet à L'Yonne Républicaine

08/03/10

Comment se passe cette campagne ?
On a fait un bon meeting avec François Fillon, avec à peu près 1.500 personnes. Je suis très frappé par la mobilisation dans nos réunions. Il y a un vrai intérêt. On sent que les choses ont changé ces derniers temps.

Pourtant on annonce une forte abstention. 
J'adresse un message très simple à ceux qui seraient tentés d'envoyer un message au président de la République : ils se trompent d'enjeu. La question qui nous est directement posée c'est de savoir quel président et quelle équipe vont assurer l'avenir de la Bourgogne dans les quatre ans qui viennent.

Et avec quel programme ?
On ne pourra pas tout faire. Mais avec ce budget de 800 M, on peut faire mieux. Le magazine L'Expansion a classé la Région première pour sa gestion. Mais quand vous regardez les indicateurs de l'Insee vous observez qu'elle est la Région qui a le moins de jeunes formés parmi les 20-24 ans. Elle est parmi les quatre dernières pour le taux d'investissement. Il faut changer de cap. Nos frais de fonctionnement ont doublé. La Région a trop dépensé, trop saupoudré.

Vous voulez recentrer l'action sur les compétences obligatoires? Dans quoi allez-vous "tailler" ? Pour quelles priorités ?
Je ne me recentre pas sur des compétences, je veux assurer des compétences avec des objectifs.
Le premier c'est le développement économique et l'emploi. J'en ai assez de voir la Région jouer les contre-pouvoirs et ne pas accompagner le plan de relance. Nous devons faire les lycées du XXIe siècle, les doter du numérique et de véritables laboratoires de langues. Je souhaite soutenir le pôle nucléaire, le pôle de compétitivité Vitagora, la recherche pour qu'elle soit mise au service de l'usine. Je ne partage pas le choix du passé d'un déploiement massif de Wi-Max auquel ont renoncé toutes les Régions. Je proposerai des outils nouveaux en terme de développement économique. François Patriat ne veut pas du grand emprunt pour la Bourgogne. Moi j'en veux.

40 à 50 % d'abstention selon les sondages. Cela risque-t-il de peser plus à droite qu'à gauche ?
On verra. C'est un élément à un temps donné. Moi je suis très engagé pour un changement. On créera un fonds d'investissement de proximité parce que le système bancaire est défaillant. On réorientera nos plans de formation.

Vous êtes président du conseil général de Côte-d'Or depuis deux ans. En avez-vous déjà fait le tour pour vous engager aux régionales ?
Je ne suis pas candidat à un poste de conseiller régional?! Je suis président de mon groupe à l'Assemblée nationale. Si j'ai accepté de m'engager c'est d'abord parce que l'ensemble de mes collègues de la majorité m'ont demandé de m'y coller. Quand on a vraiment envie de faire changer les choses on ne reste pas installé dans son fauteuil.

Si vous êtes élu, vous devrez abandonner le conseil général.
Absolument. Si les Bourguignons me font confiance, j'assumerai les fonctions de président du conseil régional et je tiendrai mes engagements.
 
Imaginez que vous êtes élus simple conseiller régional ?
Je ne me bats pas dans cette campagne pour être simple conseiller régional. Je me bats pour faire de la Bourgogne une grande région.
 
Jean-Pierre Soisson dit qu'il ne voit pas la droite l'emporter en Bourgogne. Comment analysez-vous cela ? Il vous en veut toujours de votre manque de soutien en 2004 ?
Non. Je n'ai pas de mots sévères à l'égard de Jean-Pierre Soisson. Il a été le premier à me demander de m'engager dans ces élections. Il m'a très fortement soutenu en Puisaye. Je crois qu'il n'y a pas de fief imprenable.

Les sondages nationaux créditent la majorité de 31 % d'intentions de vote, le PS de 28 %, Europe écologie de 13 % et le FN de 10 %. Voyez-vous ces quatre formations se qualifier pour le second tour en Bourgogne ?
Personne ne sait quel sera le vote final. Mais ce que je sais, c'est que donner sa voix aujuourd'hui au Front national, c'est comme voter pour le Parti socialiste.

Pour vous, un second tour idéal, est-ce un FN sur la touche et des Verts qui se maintiennent ?
Il est sûr que si le Front national est au deuxième tour ça complique très largement la tâche.

Vous risquez de ne pas avoir beaucoup de réserves de voix pour le deuxième tour.
C'est une drôle de conception cette idée de réserves de voix. C'est comme si on allait sur un coin de table entre le dimanche soir et le mardi matin organiser la chasse en bande, en disant : on va essayer de ratisser.

C'est ce qui s'est passé en 2004.
Je ne pense pas que les accommodements de dernière minute soient de nature à forger un destin.

Vos anciens amis du Modem, pèsent entre 5 et 10 % des voix. Un certain nombre peuvent-elles vous revenir au deuxième tour ?
J'ai toujours respecté le choix de chacun et au deuxième tour les électeurs feront bien ce qu'ils voudront. Je n'ai pas renoncé à mes convictions. J'ai simplement voulu que mes convictions servent la volonté de changer la France, pour qu'elle ait un avenir, cependant que François Bayrou s'est mis dans l'opposition.

Dans trois semaines, si vous êtes élu, quelle sera votre première action ?
Je lance la création d'un fonds d'investissement de proximité. J'installe le conseil régional des jeunes pour lancer un nouveau process de formation. Troisième chose, j'installe un groupe d'experts numériques.