Alors que le gouvernement s’apprête à réformer le régime général des retraites, vous souhaitez que les parlementaires réforment aussi leur propre régime de retraite. Pour quelles raisons ?
Nous avons un devoir d’exemplarité. On ne peut pas réformer, dans un sens restrictif, le régime de retraites de nos concitoyens sans donner l’exemple. Pourquoi ? Parce que le régime de l’Assemblée nationale, comme celui du Sénat, qui pas très différent, est le plus favorable de tous les régimes français. Favorable en termes de prestations, puisque dès votre premier mandat, vous bénéficiez d’une retraite de 1427€ net par mois. Or quelle est la pension moyenne de quelqu’un qui a fait quarante et un d’activité ? A peu près autant. Donc en cinq ans, on a autant que la moyenne des Français qui ont travaillé quarante et un ans ! Au bout de deux mandats, vous avez le double, c’est-à-dire 2854€, de trois mandats vous avez le triple, 4280€, au bout de quatre mandats vous avez 5351€, et au bout de cinq mandats vous avez 5851€. C’est aussi un régime très avantageux du point de vue des taux de cotisation, puisqu’on cotise à 7,85%. Mais la contribution patronale, pour faire simple, est 7 fois et demie plus importante, c’est-à-dire que, quand vous cotisez un euro, il y a sept euros et demi de cotisations patronales. Or, les cotisations patronales, ce sont les Français. Il y a donc une nécessité morale, une nécessité de justice, à réformer ce régime.
Quelles modifications préconisez-vous ?
L’espérance de vie d’un parlementaire est d’un mandat et demi, soit à peu près sept ans et demi. Donc le minimum serait de supprimer la cotisation double à partir du troisième mandat, et simple ensuite. Ca me parait un minimum. La deuxième chose serait d’aligner en trois ou quatre and les taux de cotisation des députés de 7,85% (comme dans toute la fonction publique) sur ceux du privé, qui sont à 10,55%. Je propose également que les taux de pensions de réversion pour les veuves des parlementaires soient alignés sur le taux de droit de commun.
Quid de l’âge de la retraite pour les parlementaires, qui est de 60 ans aujourd’hui ?
Actuellement, on est aligné sur le régime général. S’il y a une évolution, il suffit de suivre l’évolution.
Pensez-vous qu’il y ait une majorité de députés prêts à vous suivre ?
Je n’en suis hélas ! pas persuadé. Dans ma famille politique, on est en majorité favorable à cette évolution. Mais je crois qu’il faudra, non pas des pressions extérieures, mais que des voix autorisées disent « Ecoutez, ce n’est pas sérieux ». Ce serait juste et normal de réformer. On ne peut pas demander des efforts aux autres si on n’a pas commencé à se les appliquer à soi-même. Et ce serait une belle occasion de montrer que cette idée, majoritaire dans l’opinion publique, selon laquelle les députés sont là pour se servir, n’est pas exacte. Et qu’il y a parmi les parlementaires des gens sérieux, rigoureux, qui demandent qu’on ait une conduite exemplaire.