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Hervé Morin, l'invité de Jean-Jacques Bourdin - RMC / BFM TV

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Script de l'interview

JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN, ministre de la Défense, est notre invité, Hervé MORIN bonjour.
HERVE MORIN
Bonjour Jean-Jacques BOURDIN.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Merci d’être avec nous ce matin pour ouvrir ce rendez-vous BOURDIN DIRECT sur BFM TV, ouvrir la saison…
HERVE MORIN
Ah bon !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous sommes le 30 août… mais oui, nous sommes le 30 août Hervé MORIN. Avant d’entrer dans l’actualité politique, je voudrais revenir sur le discours prononcé par Nicolas SARKOZY mercredi dernier, c’est un discours de rentrée en politique étrangère, et dans ce discours il n’a pas dit un seul mot sur nos confrères prisonniers en Afghanistan. Pourquoi ?
HERVE MORIN
Parce que je crois que sur ces questions-là, moins on en dit mieux c’est pour la sécurité de nos compatriotes.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors que sait-on de nouveau ?
HERVE MORIN
Ce qu’on sait c’est qu’ils sont en bonne santé, que des négociations… des négociations sont en cours et l’évolution est plutôt positive. Mais bon, ce sont des discussions longues, les canaux de discussion sont des canaux extrêmement longs, et donc… donc voilà. Je préfère ne pas en dire plus parce que je pense que… je n’ai rien à vous cacher en tant que tel, la seule chose c’est que je pense d’abord et avant tout à leur sécurité.
JEAN-JACQUES BOURDIN
L’Afghanistan, faut-il mettre en place – certains le demandent – un calendrier de départ ?
HERVE MORIN
Mais on le… c’est extraordinaire parce qu’on répète…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que Jean-Pierre RAFFARIN…
HERVE MORIN
On répète…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Jean-Pierre RAFFARIN que vous connaissez bien…
HERVE MORIN
On répète en permanence la même chose.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Etait avec moi mardi dernier…
HERVE MORIN
Vous avez de la chance.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et Jean-Pierre RAFFARIN a dit « maintenant, il faut absolument mettre en place un calendrier de départ, il faut dire que les troupes françaises…
HERVE MORIN
Attendez…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Quitteront l’Afghanistan avant 2012, voilà ce qu’il disait, ce n’est pas moi.
HERVE MORIN
Il n’y a pas… Jean-Pierre RAFFARIN a le droit de dire ce qu’il a envie de dire.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Il a le droit de dire des bêtises ?
HERVE MORIN
Il a le droit aussi de s’informer de ce qu’a décidé l’OTAN et ce que nous avons décidé sur proposition française, c’est ce que je réclamais, ce que réclamait Bernard KOUCHNER depuis des années à chaque réunion du Conseil des ministres de la Défense et des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance atlantique. Ce que nous voulions, c’est qu’il y ait des points d’étape et des points de rendez-vous avec l’opinion publique. Et ce que nous voulions dans la nouvelle stratégie de l’Alliance, que nous puissions indiquer clairement à l’opinion publique, à des dates arrêtées (tout du moins sur une période) nous puissions commencer le transfert de zones ou de districts à l’armée nationale afghane et aux institutions afghanes. C’est ce qui va se faire puisque nous avons décidé qu’à partir de la fin de l’année, nous commencerions à avoir cette période de transition. Et j’espère d’ailleurs qu’une des deux zones françaises qui est la zone de Surobi, où les choses se sont nettement calmées, où nous faisons un énorme effort de reconstruction, où les relations avec la population sont des relations de confiance, eh bien ! Que nous soyons en mesure de faire partie comme nous l’avons fait sur Kabul… que nous puissions passer la main progressivement, qu’il y ait cette phase de transition. Et donc nous avons un rendez-vous avec l’opinion publique, est-ce que nous avons été capables de passer la main, et deux, quand nous passons la main, est-ce que les Afghans sont capables de maintenir la sécurité et la stabilité dans la région. Et ça c’est à partir de 2011, donc en quelque sorte il n’y a pas de calendrier de retrait en tant que tel, mais il y a des points de rendez-vous et des points de rencontre qui nous permettront de pouvoir constater que l’effort que nous effectuons est un effort qui porte ses fruits. Et j’ajoute que toutes celles et tous ceux qui vous expliquent à longueur de temps qu’il est temps de partir, etc., ils doivent aussi constater que le terrorisme c’est une menace majeure pour notre sécurité. Je veux dire Michel GERMANEAU, notre compatriote, l’a payé de sa vie. Al-Qaida au Maghreb c’est une réalité, c’est 400 à 500 combattants fanatiques et totalement déterminés ; et que le réseau terrorisme a pris sa source notamment dans cette région du monde. Donc partir pour quoi faire ? Pour laisser l’Afghanistan dans le chao et que ça redevienne une base arrière du terrorisme, et que dans 2 ans ou dans 3 ans ou dans 6 mois, nous ayons à nouveau des attentats sur le territoire national ? Il faut aussi, quand on commence à dire « on part », éventuellement dire ce qu’on fait, parce que c’est trop facile de pouvoir simplement expliquer que nous n’avons rien à faire en Afghanistan, mais pour quoi faire, quelle est la solution alternative, qu’on nous l’explique.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Hervé MORIN, à propos de l’Afghanistan – et ça sera ma dernière question sur ce sujet – 2 soldats français ont été tués il y a quelques jours, 3 autres ont été blessés (dit-on) par des tirs fratricides, vrai ou faux ?
HERVE MORIN
L’enquête est en cours sur ces tirs fratricides, je ne parle pas des 2 soldats tués…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, je parle des 3 blessés.
HERVE MORIN
Des 3 blessés, l’enquête est en cours mais la présomption est assez forte, en effet.
JEAN-JACQUES BOURDIN
En effet, des tirs fratricides…
HERVE MORIN
Oui, ce sont des éclats…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce serait des tirs…
HERVE MORIN
Des éclats. Donc les…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Des éclats d’obus, de…
HERVE MORIN
Non, non, des tirs a priori de VBCI, de véhicules blindés. Mais de toute façon l’enquête est en cours, nous n’avons rien à cacher, dès lors que l’enquête sera terminée, l’Etat-major des armées communiquera.
JEAN-JACQUES BOURDIN
« J’ai pensé à la démission mais s’en aller c’est déserter ».
HERVE MORIN
Hum !
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous avez entendu peut-être Bernard KOUCHNER…
HERVE MORIN
Non, je ne l’ai pas entendu.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous ne l’avez pas entendu sur RTL ce matin, il était clair. « J’ai pensé à la démission mais s’en aller c’est déserter ». Un petit commentaire sur cette…
HERVE MORIN
Non, je n’ai pas de commentaire à faire.
JEAN-JACQUES BOURDIN
A propos des Roms.
HERVE MORIN
Mais je n’ai pas de commentaire à faire.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Pas de… non, un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ?
HERVE MORIN
Non mais bon voilà, moi je me suis expliqué sur les Roms. Je pense que…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non non mais sur… on va parler des Roms, mais…
HERVE MORIN
Non mais écoutez voilà…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bernard KOUCHNER aurait dû démissionner s’il avait des états d’âme ou…
HERVE MORIN
Oui, écoutez moi je… voilà, mes états d’âme je les garde pour moi, voilà c’est tout.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Il aurait dû les garder pour lui ?
HERVE MORIN
Je n’en sais rien.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Quoi, vous n’en savez rien, comment… mais si vous avez votre petite idée mais vous ne voulez pas la donner Hervé MORIN, non ?
HERVE MORIN
Non.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN vous, vous avez envie de l’ouvrir à propos des Roms ou pas ?
HERVE MORIN
Non, mais j’ai… Moi je veux qu’on prenne un peu de recul…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Alors allez-y.
HERVE MORIN
Sur ces questions. Chaque année il  y a des expulsions de Roms, chaque année…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, chaque année.
HERVE MORIN
Chaque année, autour de 10.000 chaque année. Il y a des décisions de justice sur des éléments… des irrégularités, je veux dire des campements illégaux et irréguliers, des décisions de justice, il appartient à l’Etat d’appliquer ces décisions de justice, sans stigmatisation. Et par ailleurs, il faut que cette réponse soit une réponse européenne, et là on en vient à ce que pensent les centristes, c’est que l’Europe ce n’est pas simplement une zone de libre échange, où on échange des marchandises, des capitaux, des travailleurs. L’Europe c’est un projet politique, un projet politique c’est un projet dans lequel i y a une éthique, il y a un destin commun, un destin collectif et que ce destin collectif on le construise ensemble ; et pour le construire ensemble, on pense aux citoyens européens qui sont sur cet espace. Et parmi ces citoyens européens il y a des Roms qui, depuis des siècles, ont ces transhumances. Eh bien ! C’est à l’Europe de trouver une solution commune, au lieu de s’occuper uniquement de la taille de telle ou telle marchandise et du transfert de tel ou tel système bancaire, eh bien ! On doit aussi penser aux projets de société que l’Europe doit porter.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Dérive droitière a dit encore une fois Jean-Pierre RAFFARIN mardi dernier à ce micro, dérive droitière cet été de la part de l’UMP ?
HERVE MORIN
Non, j’ai… moi j’ai dit clairement que sur les questions de sécurité, puisque dérive droitière c’était la question de la sécurité…
JEAN-JACQUES BOURDIN
De sécurité, des Roms, tout était englobé oui.
HERVE MORIN
Moi j’ai expliqué très clairement que la sécurité, je l’ai dit hier aux universités d’été…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, justement oui.
HERVE MORIN
Cela reposait sur quatre piliers, un pilier répressif mais ça ne suffit pas, je veux dire il faut être implacable avec la délinquance, il ne faut pas négliger la demande de sécurité de nos compatriotes, elle est immense, ce n’est pas un petit sujet, ce n’est pas simplement un sujet de droite comme le PS le dit, parce que la question de la sécurité elle touche les plus fragiles et c’est une liberté fondamentale, et ça moi je ne veux pas l’oublier, je ne veux pas l’oublier. En revanche, la sécurité c’est aussi d’abord et avant tout par la prévention, et la prévention c’est l’éducation, c’est l’accès à la culture. C’est une politique…
JEAN-JACQUES BOURDIN
La connaissance.
HERVE MORIN
C’est une politique que j’appelle de mobilisation active, pour ne pas reprendre les mots discrimination positive, une mobilisation active à l’égard… non pas sur des critères ethniques mais sur des critères socio-économiques, c'est-à-dire nos compatriotes qui sont dans la situation la plus difficile, qui sont les gens les plus modestes, qui ont les plus grandes difficultés, eh bien ! Ils doivent bénéficier de plus. Et il faut faire en sorte que nous n’ayons pas des politiques qui soient des politiques de zonage, mais des politiques qui s’adressent aux hommes, aux familles, aux personnes, qu’il y ait un accompagnement. Et ça marche, il y a des pays qui l’ont montré, c'est-à-dire qu’il faut qu’il y ait l’accompagnement scolaire, de l’accompagnement familial, qu’il y ait du suivi contre l’absentéisme, qu’on mette en place des médiateurs qui vont assurer une relation entre les forces de sécurité et les familles pour qu’on dise « ton môme ça ne va pas, il faut que tu t’en occupes ». Et vous avez des exemples de réussite formidables sur le territoire national, parce que j’ai été beaucoup dans les banlieues. Vous allez à Orléans La Source, savez-vous de combien la délinquance a baissé ? Pas de 10 %, de 83 %, parce qu’on a mis en place une politique qui est d’une part une politique de prévention, une politique de dissuasion à travers la vidéoprotection, une politique de répression…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est le maire qui a mis en place cette politique Hervé MORIN ?
HERVE MORIN
C’est Serge GROUARD et son premier adjoint Florent MONTILLOT…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Les maires brocardés par Christian ESTROSI ?
HERVE MORIN
Serge GROUARD d’ailleurs qui est le seul maire de droite qui a été élu en 2001 dans une ville de gauche et qui a été réélu en 2008. Et donc…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Les maires brocardés par Brice HORTEFEUX…
HERVE MORIN
On a besoin d’une… non non, Brice HORTEFEUX n’a absolument pas brocardé des maires…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui enfin, il a dit simplement qu’ils étaient responsables…
HERVE MORIN
Et donc on a…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Qu’ils devaient être responsables des résultats de la délinquance…
HERVE MORIN
Mais bien sûr que ça fait partie…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et même responsables et même sanctionnables ?
HERVE MORIN
Moi je suis maire…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et sanctionnables, vous êtes sanctionnable alors ?
HERVE MORIN
Je suis sanctionnable par les électeurs oui, par suffrage universel.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN, j’ai une question à propos de… quand même de la sécurité, et puis on va passer à autre chose. La déchéance de la nationalité, est-ce que vous voteriez la déchéance de la nationalité pour les criminels français depuis moins de 10 ans, naturalisés français depuis moins…
HERVE MORIN
Attention voilà…
JEAN-JACQUES BOURDIN
De 10 ans.
HERVE MORIN
Il faut bien…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais je précise.
HERVE MORIN
Parce qu’il y a un problème de confusion…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, mais moi je précise.
HERVE MORIN
Non mais je précise bien. Il y a ceux qui ont la nationalité française à la naissance…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, exactement.
HERVE MORIN
Et ceux qui accèdent à la nationalité française.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Exactement.
HERVE MORIN
Et très franchement, moi ça ne me choque pas.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ça ne vous choque pas ?
HERVE MORIN
Que dans un temps et un délai qu’il faut fixer, et d’ailleurs pour l’instant les cas de déchéance de la nationalité française, c’est un délai de 10 ans. Que dans un certain nombre de cas, on considère que les actes sont inacceptables, pourquoi pas, moi honnêtement. D’ailleurs le Conseil constitutionnel…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc élargir aussi cette déchéance de la nationalité à tous les criminels, non pas seulement aux criminels qui ont porté atteinte à la vie d’un…
HERVE MORIN
Enfin, on sait très bien…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Gendarme, d’un sapeur-pompier, d’un policier ?
HERVE MORIN
On sait très bien que c’est une question d’abord et avant tout symbolique, puisque si une personne vient à tuer un policier ou un gendarme, il a déjà une peine de 25 à 30 ans, donc…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est ce qu’on ajoute, on doit ajouter la déchéance de la nationalité à cette peine ?
HERVE MORIN
Au moins le juge doit en avoir la possibilité.
JEAN-JACQUES BOURDIN
A condition qu’il ait double nationalité évidemment.
HERVE MORIN
Oui, bien entendu…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que sinon, on ne peut pas entre parenthèses fabriquer des apatrides…
HERVE MORIN
Dès lors que bien entendu, on ne doit pas faire des apatrides.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Hervé MORIN est notre invité ce matin, nous allons parler du Nouveau Centre, nous allons parler de vos ambitions… elles existent, présidentielles Hervé MORIN ?
HERVE MORIN
J’ai l’ambition que les centristes soient en effet…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Le Nouveau Centre oui.
HERVE MORIN
Oui, que les centristes soient présents au moment de cette échéance électorale majeure.
JEAN-JACQUES BOURDIN
En 2012. On va en parler dans 2 minutes

JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN est notre invité ce matin, ministre de la Défense et président du Nouveau Centre. Hervé MORIN, avant de parler politique, quelques mots sur le Rafale au Brésil, où est-ce qu’on en est ?
HERVE MORIN
Ecoutez…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est mal parti ou c’est bien parti ?
HERVE MORIN
Non, ce n’est pas mal parti. Comme vous le savez, c’est une période particulière au Brésil puisqu’il y a une élection présidentielle, et donc voilà, les discussions sont en cours…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais c’est foutu ou pas ?
HERVE MORIN
Non, ce n’est pas foutu du tout.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Franchement ?
HERVE MORIN
Franchement.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce n’est pas foutu ?
HERVE MORIN
Non.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non parce qu’on nous avait vendu ça comme un contrat déjà presque signé, si je me souviens bien.
HERVE MORIN
Mais vous savez, quand vous achetez un système d’arme comme un avion de combat, c’est une décision qui engage un pays pendant 40 ans, donc ce sont forcément des discussions longues.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, avec un avion concurrent qui est 4 fois moins cher, l’avion suédois.
HERVE MORIN
Oui, bien sûr, ça fait partie des éléments qui doivent être pris en considération. Mais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Décision quand…
HERVE MORIN
Excusez-moi mais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Décision quand, après les élections brésiliennes ?
HERVE MORIN
Non mais attendez, le Gripen des Suédois… je veux dire le Gripen des Suédois et le Rafale, on n’est pas tout à fait dans la même catégorie d’une part ; et d’autre part (2ème élément non négligeable) c’est que nous, nous le faisons dans le cadre d’un partenariat stratégique et d’un partenariat industriel, avec l’idée de permettre au Brésil progressivement de développer une industrie aéronautique, et que les Brésiliens ne le feront pas avec le Gripen qui est essentiellement fabriqué avec des composantes américaines.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Enfin, il y a encore une chance… on a encore une chance de vendre ce Rafale quoi, encore une chance.
HERVE MORIN
Nous avons encore des chances.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Hervé MORIN j’ai vu les sondages, 2 %, on vous crédite de 2 %...
HERVE MORIN
Et alors ?
JEAN-JACQUES BOURDIN
Si vous êtes candidat à l’élection présidentielle, c’est beaucoup, c’est peu, c’est…
HERVE MORIN
Ecoutez moi…
JEAN-JACQUES BOURDIN
…Il faut se méfier des sondages…
HERVE MORIN
J’ai cette chance-là…
JEAN-JACQUES BOURDIN
A un an et demi.
HERVE MORIN
C’est que j’ai déjà vécu deux campagnes présidentielles avec François BAYROU, et que j’en ai vécue une où nous avons été entre 1 et 2 % jusqu’à 3 semaines ou un mois du 1er tour, nous avons fini à 7. Et la deuxième où nous avons commencé entre 3 et 4 et nous avons fini à 18.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Oui, et donc…
HERVE MORIN
Je relativise…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous pouvez la finir à combien alors ?
HERVE MORIN
Je constate que entre les 2 %, les 7 % de Dominique de VILLEPIN et les 7 % de François BAYROU, on retrouve là encore les 15 à 20 % d’un électorat qui se situe dans la majorité, mais qui ne vote pas UMP au 1er tour.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Donc vous pouvez faire… oui, 7, 8, 10 %...
HERVE MORIN
Ecoutez, on verra.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Nous verrons bien. Dans tous les cas… tien, juste une petite parenthèse, une petite dépêche qui vient de tomber, c’est François FILLON qui était sur FRANCE INTER et qui vous critique un petit peu, enfin qui s’est déclaré… je cite la dépêche : « un peu surpris par les critiques formulées par le ministre de la Défense Hervé MORIN (c’est vous) sur la politique du gouvernement en terme de sécurité et d’immigration », ajoutant « on aura l’occasion d’en discuter, je suis surpris de ces paroles, cette politique est la continuité de celle qui a été menée l’an passé, je n’ai pas le souvenir que cela ait suscité autant d’émois ».
HERVE MORIN
J’ai expliqué à l’instant que la politique de sécurité devait comporter plusieurs volets…
JEAN-JACQUES BOURDIN
C’est un rappel à l’ordre…
HERVE MORIN
Oui, il y a plusieurs volets…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Premier ministre, c’est votre patron.
HERVE MORIN
Il y a plusieurs volets et je persiste et signe en disant qu’il y a d’un côté une politique répressive nécessaire, mais je suis désolé, je ne pense pas que ça fasse partie des projets du gouvernement, l’idée d’incarcérer des parents dont les enfants seraient des délinquants, pour moi c’est une idée qui n’a pas de sens.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui n’a pas de sens, voilà. Donc ce rappel à l’ordre…
HERVE MORIN
Mais ce n’est pas…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Ce rappel à l’ordre vous surprend à votre tour.
HERVE MORIN
Non parce que je crois que…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Le Premier ministre est surpris, vous êtes surpris ?
HERVE MORIN
J’ai cru entendre le président de la République expliquer que… dans son discours de Grenoble, qu’il fallait à la fois une politique répressive et une politique implacable à l’égard des délinquants et qu’en même temps, il fallait faire en sorte de donner plus à ceux qui avaient moins…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bon !
HERVE MORIN
En matière d’éducation, d’accès à la culture, de capacité à avoir des repères et des valeurs.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Est-ce que vous allez démissionner ?
HERVE MORIN
Je… aucune intention de démissionner, j’occupe une responsabilité importante et il n’y a pas d’état d’âme à avoir sur le sujet. Et puis le jour où cela se terminera, la vie continuera.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Si vous n’êtes plus ministre en novembre, peu importe ?
HERVE MORIN
La vie continuera, de toute façon la fonction ministérielle est une fonction qui ne vous appartient pas puisque comme vous me l’avez fait remarquer il y a quelques instants, elle dépendait du Premier ministre et du président de la République.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et du président de la République. « J’ai été très heureux, j’ai vécu 30 et quelques mois formidables », c’est ce que vous avez dit à quelques journalistes récemment. Vous parliez déjà au passé, vous savez très bien…
HERVE MORIN
Non, j’évoquais cette communauté extraordinaire qu’est la communauté militaire. Vous savez, un mot là-dessus, c’est une communauté qui porte des valeurs qui sont en train de se perdre dans la société française, d’amour de la patrie, de générosité, de don de soi. Et ces valeurs-là, qui sont portées par la communauté militaire… de solidarité, ces valeurs-là ce sont des valeurs extraordinaires et qui… et que vous vivez au quotidien auprès de ces hommes et ces femmes qui ont décidé de s’engager.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Hervé MORIN, vous serez candidat à l’élection présidentielle ?
HERVE MORIN
J’ai déjà indiqué que…
JEAN-JACQUES BOURDIN
…Pratiquement oui.
HERVE MORIN
J’ai déjà indiqué très clairement les choses en vous disant que ce choix-là se ferait en septembre 2011.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Des primaires au Nouveau Centre ou la famille centriste…
HERVE MORIN
Non, il n’y a pas de... non, c’est une décision qui appartient à notre famille politique et à notre parti politique…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais il y  aura un candidat du Nouveau Centre ?
HERVE MORIN
Ils décideront à l’automne 2011…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Qui décidera ?
HERVE MORIN
Les militants, ils décideront à l’automne 2011 si nous devons avoir un candidat et qui doit porter nos couleurs.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous êtes favorable à une candidature…
HERVE MORIN
Je pense que dans…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Que les choses soient claires Hervé MORIN…
HERVE MORIN
Oui mais je vous dis…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce qu’il faut un peu de clarté.
HERVE MORIN
Une chose simple. Par exemple, je souhaite que nous portions l’idée d’une société de la reconnaissance, qu’est-ce que ça veut dire cette société de la reconnaissance ?
JEAN-JACQUES BOURDIN
Une autre France, comme dit Martine AUBRY ou…
HERVE MORIN
C’est une société de la… une société de la reconnaissance c’est une société dans laquelle chacun est reconnu pour ce qu’il apporte à la société et à notre pays, à sa juste contribution à l’œuvre commune et à l’œuvre collective. Je pense que… je vais prendre un exemple concret, je pense que par exemple il y a un modèle économique nouveau à mettre en place à travers l’entreprenariat familial, je pense profondément que nous avons besoin… tout le monde le dit en permanence, nous avons besoin de PME, de tailles intermédiaires suffisamment fortes, avec un actionnariat stable. Eh bien ! Moi, je souhaite que nous puissions développer un modèle qui fasse une large place à l’entreprenariat familial et au capitalisme familial, parce que c’est un entreprenariat qui ne cherche pas simplement à presser le citron de ses salariés, mais qui cherche… qui s’investit et qui porte un projet sur le long terme et qui sait que ce projet-là, il dépend aussi des hommes et des femmes qui travaillent dans l’entreprise. Deuxième exemple, les agriculteurs connaissent une crise et ont connu une crise considérable, elle est majeure. Et derrière ça, c’est un monde que je connais bien le monde paysan, derrière ça il y a un autre sujet, c’est que pendant des années et des années la société française a expliqué que l’agriculture c’était un métier d’hier ou d’avant-hier, et que ce n’était pas une activité d’avenir, une activité stratégique. Eh bien moi, je pense que les agriculteurs ont aussi besoin d’entendre que leur activité elle est stratégique, qu’elle est majeure, que lorsqu’on a besoin à 30 ans ou 40 ans d’augmenter la production agricole de 70 % dans le monde, cette activité-là elle est précieuse. Elle est précieuse pour des raisons économiques et elle est précieuse aussi parce que c’est ce qui a construit la France telle que nous l’aimons. Eh bien ! C’est cela la société que je veux porter, de dire qu’il y a bien entendu la reconnaissance par l’argent mais il n’y a pas que cela.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien. Hervé MORIN, question des auditeurs de RMC avec Matthieu BELLIARD, Matthieu.
MATTHIEU
Bonjour, une question d’Isabelle dans le Cher, une question un peu agressive sur la déchéance de nationalité : premièrement, 20 à 30 ans de prison pour le meurtre d’un policier, deuxièmement déchéance de nationalité puis donc expulsion logique du territoire français. Est-ce que le meilleur moyen de lutter contre la double peine, c’était de créer la triple peine ?
HERVE MORIN
J’ai expliqué que c’était une… que ce pouvait être une déci… une… quelque chose qui était offert aux juges, c'est-à-dire ce qu’on appelle une peine complémentaire que le juge décide. De toute façon, on verra bien quel sera le niveau des débats parlementaires. Mais j’ajoute que cela existe dans le code… dans les lois françaises depuis des décennies, et que jusqu’alors ça n’a ému personne. Et que ces lois ont fait l’objet de contrôle devant le Conseil constitutionnel et que le Conseil constitutionnel n’a rien trouvé à redire.
JEAN-JACQUES BOURDIN
Question politiquement concrète pour terminer, nous n’avons pas perdu nos bonnes habitudes. Si François BAYROU vous invite à déjeuner, vous dites oui ?
HERVE MORIN
Oh ben ! Pourquoi pas. Je n’ai…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Vous dites oui ?
HERVE MORIN
Je n’ai jamais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Si François BAYROU vous appelle…
HERVE MORIN
On ne s’est jamais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Et vous invite à déjeuner, est-ce que vous dites oui ?
HERVE MORIN
Ben ! Ecoutez, on a vécu…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Non mais vous dites oui ou pas…
HERVE MORIN
Non, non mais je… ça me paraît…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Parce que « allô François BAYROU, vous pouvez inviter Hervé MORIN à déjeuner, il va enfin dire oui ».
HERVE MORIN
Ça me paraît tellement impossible que c’est pour ça que j’en doute parce qu’on ne sait jamais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Impossible ?
HERVE MORIN
Impossible dans la mesure où on ne s’est jamais parlés depuis 3 ans et demi. Mais…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Mais comment peut-on se détester autant en politique…
HERVE MORIN
On a vécu… ah mais je n’ai pas dit qu’on se détestait, moi j’ai beaucoup de respect pour François BAYROU, j’ai vécu 10 années formidables à ses côtés. Je pense que sa démarche politique est une démarche qui est une erreur profonde, qui était contraire à notre tradition politique, mais ça ne m’empêche pas de discuter et éventuellement de déjeuner ensemble…
JEAN-JACQUES BOURDIN
Bien, pourquoi pas. Merci Hervé MORIN d’être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV, merci