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Hervé Morin invité du Grand journal de BFM TV le 09 juin 2010

LE GRAND JOURNAL – Le 09/06/2010 – 18:08:07
Invité :     Hervé MORIN, ministre de la Défense, président du Nouveau centre
 
Fabrice LUNDY
Bonsoir, Hervé MORIN !
Hervé MORIN
Bonsoir !
Fabrice LUNDY
Hervé MORIN, le ministre de la Défense, président du Nouveau centre ; on va aborder dans un instant, les questions économiques, très nombreuses questions économiques. Auparavant, les dossiers politiques avec un grand rendez-vous à Tours, pour vous, ce week-end, le Congrès du Nouveau centre. On sait que vous avez des velléités de vous présenter à la présidentielle en 2012. Ce matin, dans LE PARISIEN, Valérie LETARD, membre du gouvernement comme vous, Nouveau centre comme vous, elle défendait l’idée d’une candidature centriste pour la présidentielle qu’elle verrait bien portée par ? … Jean-Louis BORLOO, son ministre de tutelle. « Même si », dit-il, (sic) « Hervé MORIN est sans doute aussi un bon candidat ». Bon, ça vous a surpris un peu ? Vous vous êtes parlés, quand même, depuis ce matin ?
Hervé MORIN
Non, non, j’ai… J’ai essayé de la joindre, mais… Mais ce n’est pas ça, le sujet. L’essentiel, c’est qu’elle considère, comme moi et comme les parlementaires du Nouveau centre, qu’il est nécessaire qu’il y ait cette offre politique centriste au moment des élections présidentielles. Moi, j’ai toujours considéré qu’il s’agissait d’une ambition collective, qu’il fallait d’abord et avant tout que, dans une société moderne qui est forcément une société complexe, on ait une offre politique qui soit diverse, plurielle ! Et donc qu’ensuite, on soit amené, en septembre ou à l’automne 2011, de désigner celui qui sera candidat, c’est autre chose. On verra qui est sur la ligne de départ le moment venu.
Fabrice LUNDY
Ce n’est pas très solidaire, quand même, de la part de Valérie LETARD. On sait qu’elle est très attachée à BORLOO…
Hervé MORIN
Elle est Valenciennoise !
Fabrice LUNDY
… Justement parce qu’elle est de Valenciennes, mais quand même !
Hervé MORIN
Elle est de Valenciennes. Tout ça peut se comprendre !
Fabrice LUNDY
Est-ce que… C’est piloté par qui, à votre avis, cette déclaration ? Par Jean-Louis BORLOO ou par…
Hervé MORIN
(Rire)
Fabrice LUNDY
… L’Elysée qui ne voit pas forcément d’un bon œil votre candidature éventuelle, Hervé MORIN ?
Hervé MORIN
Ecoutez, moi, je ne lis que les journaux, c’est un esprit… Je suis un esprit trop simple pour comprendre, après (phon), les systèmes à plusieurs bandes.
Fabrice LUNDY
Bon. Vous annoncez quand votre candidature pour 2012, Hervé MORIN ?
Hervé MORIN
Mais c’est… Je vous dis, ce serait… Comment vous dire ? …
Fabrice LUNDY
Ce week-end à Tours ?
Hervé MORIN
Ce serait indécent d’évoquer une candidature à l’élection présidentielle quand le pays connaît des difficultés, qu’on est au gouvernement et qu’on travaille, chacun dans son domaine, pour essayer d’apporter une réponse, que d’évoquer cela, alors qu’on est à deux ans de l’échéance ! Ce que je crois, en revanche, c’est qu’il y a toujours eu une offre politique centriste dans notre démocratie, depuis 1958, parce qu’il y a, en face, des hommes et des femmes qui sont profondément européens, qui sont attachés au respect des libertés individuelles et au principe de responsabilité, qui considèrent que l’Homme doit être au cœur de la Société, et qui cherchent plutôt les éléments de la cohésion d’une Société, de l’apaisement d’une Société.
Fabrice LUNDY
Et ça pèse combien, le Centre, à vos yeux, Hervé MORIN ?
Hervé MORIN
Eh bien il suffit de voir chaque élection présidentielle pour constater que c’est entre 15 et 20 % !
Fabrice LUNDY
Oui. Et vous seriez prêt, vous, à vous retirer si un autre candidat centriste est mieux parti ?
Hervé MORIN
La question qui se pose pour l’instant, c’est celle de construire un projet politique, c’est ce que je vais faire au titre du Parti, et on verra à l’automne 2011.
Fabrice LUNDY
Et comment se distinguer vraiment, nettement, de l’UMP, finalement, avec qui vous formez corps au sein de la Majorité, au sein du gouvernement, dont Nicolas SARKOZY, François FILLON ?
Hervé MORIN
Je n’ai aucun… Je n’ai aucun regret du choix que nous avons fait, quand François BAYROU a, entre les deux tours, expliqué que c’était tout, sauf SARKO ; moi, je ne regrette pas un seul instant, et je suis fier de l’action que nous menons au gouvernement. Quand je vois la réforme que nous avons engagé au sein du ministère de la Défense, d’économies considérables, je vais réaliser environ 1,5 milliard d’euros d’économies sur un budget de fonctionnement d’environ 10 milliards, que je peux remettre…
Fabrice LUNDY
On va y revenir, oui…
Hervé MORIN
… Sur l’équipement, donc sur l’économie, sur les bureaux d’études ; quand je vois que nous avons mené des réformes qu’on estimait impossibles, comme l’autonomie des universités, tout cela, je suis fier du bilan. Ca… Il n’empêche que nous devons porter un projet et je ne cherche pas à être en opposition ! Mon sujet…
Fabrice LUNDY
C’est quoi, la différence principale ? Qu’est-ce que vous mettriez en avant, Hervé MORIN ?
Hervé MORIN
Mon sujet… Mon sujet… Je vais vous donner un exemple concret : l’Europe que nous voulons, ça n’est pas une Europe intergouvernementale. Ce que nous voulons, c’est une Europe qui soit une fédération d’Etats Nations. Tout d’un coup, l’Europe redevient à la mode, les Français constatent qu’on a besoin d’Europe, que l’Europe est nécessaire, mais l’Europe que nous voulons, c’est une Europe politique qui soit capable de porter un message qui ne soit pas simplement une zone de libre échange avec ses défauts, comme on le voit, mais au contraire, que ça devienne une puissance capable de porter notre projet à travers le monde. Et ça, il faut parler de politique étrangère, de politique de défense, et aller vers une intégration. Ce qui se passe sur l’euro, c’est exactement ça ! C’est-à-dire qu’on est resté au milieu du gué. On a décidé une monnaie…
Fabrice LUNDY
Pas été assez ambitieux, audacieux…
Hervé MORIN
On a décidé une monnaie, on a décidé d’une monnaie commune, parce qu’on avait une zone de libre échange, mais sans en tirer les conséquences. Et une monnaie, ce n’est pas simplement ça. C’est aussi l’expression d’une puissance, et ça, nous n’en sommes pas une ; et 2/ c’est aussi l’expression d’un potentiel de croissance. Ca veut dire qu’il faut des politiques économiques convergentes, une politique industrielle, des convergences fiscales, toutes choses que l’Europe n’a pas et que nous, nous voulons.
Fabrice LUNDY
On va vous retrouver dans un instant, Hervé MORIN, ministre de la Défense, président du Nouveau centre ; vous essaierez peut-être de rassurer les industriels de la Défense, inquiets de voir les budgets de la Défense, les budgets militaires, diminuer. A tout de suite sur BFM Radio.
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Fabrice LUNDY
Hervé MORIN, toujours avec nous, ministre de la Défense, président du Nouveau centre. Encore deux petites questions d’ordre politique, parce que, bon, je le disais, vous nous le disiez, voilà, il faut un candidat du Centre. Est-ce que ce sera vous, est-ce que ce sera un autre, une autre ? On verra bien. Bon. En tout cas, vous avez des velléités. Bon. Vous nous disiez que vous ne regrettiez pas d’être entré dans le gouvernement…
Hervé MORIN
Non, c’est même mieux que ça ! Je suis fier du bilan du gouvernement !
Fabrice LUNDY
Voilà, vous êtes fier. Bon. Est-ce qu’il n’y en a pas un qui va commencer à regretter de… Qui ne va pas regretter, là en plus de vous avoir fait rentrer, Nicolas SARKOZY ? Ca va être une pression forte, quand même, sur vous, à un moment. Vous allez rester ad vitam aeternam au gouvernement, sachant que, peut-être, il y a une possibilité que vous vous présentiez ?
Hervé MORIN
Ecoutez… On est loin de la campagne présidentielle. J’ai la chance d’avoir un… D’être à la tête d’un ministère passionnant, avec une communauté formidable, qui est la communauté militaire, des enjeux industriels…
Fabrice LUNDY
On y est bien…
Hervé MORIN
Voilà, tout… Moi, la question, je ne me la pose pas ! De toute façon, ce n’est pas à moi de me la poser puisque la décision ne m’appartient pas.
Fabrice LUNDY
Bon. François BAYROU, il a vu encore Nicolas SARKOZY…
Hervé MORIN
(Rire)
Fabrice LUNDY
… Hier, pour la deuxième fois après cette réunion, fin avril, il l’a vu à l’Elysée. Bon, on dit « François BAYROU, il revient à droite », bon… Il retourne sa veste ou pas ? Ou il a remet comme avant ? Qu’est-ce que vous dites, Hervé MORIN, vous qui l’aviez quitté ?
Hervé MORIN
Non, je ne l’ai pas quitté, c’est lui qui a quitté…
Fabrice LUNDY
Enfin lui qui vous avait quitté… Enfin vous vous étiez quittés, voilà…
Hervé MORIN
Oui, voilà, parce que c’est… L’UDF est une formation politique qui, depuis 1958, avait un accord avec une formation, disons, plus à droite, qui s’appelait le RPR, après qui s’appelle l’UMP. Donc la démarche de François BAYROU n’était pas celle qui était historiquement celle des Centristes qui ont un socle de valeurs qui les amène à être avec un parti de droite.
Fabrice LUNDY
Il revient dans sa famille ? Nadine MORANO disait la semaine dernière : « Voilà, il fait partie de la famille »…
Hervé MORIN
Ecoutez, je n’en sais rien… Nous verrons bien. Je me dis simplement que, pour tous les candidats Modem qui sont allés au combat sur le champ de l’anti-sarkozysme, doivent aujourd’hui se retourner dans leur tombe.
Fabrice LUNDY
Oui, enfin, ils ne sont pas morts, en même temps.
Hervé MORIN
Bah, électoralement, oui !
Fabrice LUNDY
Electoralement, oui, bon d’accord. (Rire)
Hervé MORIN
(Rire)
Fabrice LUNDY
Les dossiers économiques, Hervé MORIN, on a vu l’Allemagne, hier, qui met son pays au régime sec, Angela MERKEL. On coupe partout les dépenses sociales, et puis les dépenses de Défense : suppression de 40.000 soldats dans la Bundeswehr. Est-ce qu’on va, aussi, rogner le budget de la Défense en France ? Et que répondre à Louis GALLOIS, ce matin, donc depuis Berlin, le président d’EADS, qui appelait les gouvernements européens à se coordonner sur ces questions pour limiter les dégâts, je cite Louis GALLOIS : « Il faut éviter les effets domino qui remettraient en question certains programmes internationaux de défense » ?
Hervé MORIN
Louis GALLOIS ne devait pas s’adresser au ministre de la Défense française parce qu’il sait à quel point j’ai beaucoup « mouillé ma chemise » pour faire en sorte qu’on sauve le programme d’avions de transport militaire A400M ; je pense que si je n’y avais pas mis autant d’énergie, je ne suis pas certain que nous serions sur le point de, je l’espère, dans les mois qui viennent, de re-signer de nouveaux contrats. Je suis, comme lui, convaincu qu’il nous faut, en effet, développer la coopération européenne, mais pour cela, ça n’est pas autant source d’économies qu’on le pense ! Parce que derrière cela, faut-il encore que les Armées veuillent exactement les mêmes programmes, les mêmes hélicoptères, les mêmes avions, je vous prends un seul exemple, EADS, quand EUROCOPTER développe un magnifique hélicoptère que nous vendons dans le monde entier, qui s’appelle le NH90, eh bien il y a 22 versions différentes. Donc tout ça n’est pas toujours source d’autant d’économies qu’on le pense. Mais qu’il faille…
Fabrice LUNDY
D’où l’intérêt de se coordonner, peut-être…
Hervé MORIN
Qu’il faille aussi avancer sur la construction d’une industrie européenne, parce que le jour où l’Europe cessera de financer les mêmes bureaux d’études dans différents pays, mais considérera que l’essentiel est d’avoir un trésor technologique que nous partagerons entre Européens, nous ferons des économies sensibles, et à partir de cela, nous pourrons, comme un arbre, de ses racines, que sont les études, les recherches, nous pourrons avoir un arbre commun sur des programmes communs, et là, nous ferons des économies substantielles ; mais on en est encore loin.
Fabrice LUNDY
D’où l’intérêt de mutualiser et de mieux se coordonner. Tout de même, est-ce que la France – puisque la France, pourquoi elle échapperait à la différence des autres, à la rigueur ? Voilà, la France va s’y lancer…
Hervé MORIN
Je…
Fabrice LUNDY
… François FILLON, on l’attend le 29 juin, donc, à l’Assemblée nationale – est-ce que… De quelle manière la Défense, les dépenses militaires seront touchées par ce plan de rigueur, Hervé MORIN ?
Hervé MORIN
J’ai dit aux militaires la chose suivante la semaine dernière dans un déplacement : « La lutte contre les déficits et ce que représente le rôle des Armées, ce sont les mêmes combats ». C’est le combat de la souveraineté, de l’indépendance du pays et de son rayonnement sur le long terme. Nous partageons, en quelque sorte, un peu les mêmes causes ou les mêmes combats, entre lutter contre les déficits et faire en sorte que nous ayons, que nous soyons une armée crédible et une puissance militaire crédible.
Fabrice LUNDY
Des fois, c’est un peu paradoxal. Comment, justement…
Hervé MORIN
Et donc je pense que les militaires sont en mesure de comprendre que la lutte contre les déficits est une priorité absolue pour le pays. Nous avons…
Fabrice LUNDY
Au-delà de la… Au-delà de la Défense nationale ?
Hervé MORIN
Nous avons déjà fait un effort considérable ; je ne me vois pas demander que nos Armées soient les seules exonérées d’un effort. Ce qu’il faut, c’est que cet effort soit compatible avec l’ambition qui est la nôtre. Et donc nous avons une référence, le Livre blanc et la Loi de programmation militaire ; j’ai une autre référence qui est le gel en valeur des dépenses qui est la Lettre de cadrage du Premier ministre ; eh bien c’est entre ces deux hypothèses que je suis en train de travailler, et qu’ensuite, le président de la République, chef des Armées, fera ses arbitrages.
Fabrice LUNDY
Donc le dernier mot, donc, pour le président de la République…
Hervé MORIN
C’est dans la cohérence même des Institutions.
Fabrice LUNDY
C’est le chef des Armées, mais a priori, donc, on va plutôt vers une baisse, on réduit à nouveau encore ou pas ?
Hervé MORIN
Je pense qu’on sera amenés, il faut que cet effort soit compatible avec notre volonté de demeurer une puissance militaire crédible.
Fabrice LUNDY
Dans l’actualité également, Hervé MORIN, Vladimir POUTINE qui s’exprimait, donc lors d’une interview à l’AFP, cet après-midi. Il sera demain en France, dans le cadre de cette grande année France – Russie. Il pose ses conditions, apparemment ; il dit : « Voilà », il déclare que « l’achat à la France d’un navire de guerre de type Mistral n’est envisageable pour la Russie qu’en cas de transferts de technologies ». Est-ce qu’il faut l’accepter ?
Hervé MORIN
Ecoutez… Nous, nous vendons une coque, nous ne la vendons pas armée, et donc il appartiendra – l’état des discussions a toujours été ainsi – à l’Armée russe, ensuite, d’y mettre les équipements qui conviennent ! Donc, c’est… Il faut voir de quoi il veut parler, mais… Dans notre… Dans la conversation qui a été la nôtre jusqu’alors, il n’y a pas de transferts de technologies sensibles puisqu’il s’agit d’un bâtiment civil ayant une vocation militaire que nous vendons.
Fabrice LUNDY
Et on sait que cette annonce avait suscité un certain nombre de réactions…
Hervé MORIN
Mais vous ne pouvez pas, à la fois dire…
Fabrice LUNDY
… Notamment, de chez nos amis et nos partenaires européens.
Hervé MORIN
Mais je voudrais être clair, là-dessus. On ne peut pas, à la fois, dire qu’il est temps de faire un partenariat avec la Russie pour créer, en Europe, une ère de stabilité, de sécurité et de paix, et en même temps, considérer que la Russie n’a pas évolué depuis la chute du Mur de Berlin !
Fabrice LUNDY
Et que ça constitue toujours une menace, voilà… Hervé MORIN, toujours au niveau des entreprises, DASSAULT et THALES, qui vous demandent, qui demandent au gouvernement de prendre une décision sur l’achat de drones, alors que, bon, selon certaines informations, l’Etat, l’Etat français envisagerait de se fournir aux Etats-Unis. Alors qu’est-ce que vous dites à DASSAULT et THALES ?
Hervé MORIN
Moi, je suis un responsable politique qui doit… Etudier toutes les solutions. Je ne suis pas là pour, simplement, me limiter à un…
Fabrice LUNDY
A une carte française…
Hervé MORIN
Non, mais à me limiter à un ou deux choix sans regarder l’ensemble des hypothèses. Et ces hypothèses, c’est à la fois des achats sur étagères qui seraient, en effet, l’achat du Predator américain, et des hypothèses qui seraient françaises ou européennes. Et ce sont toutes ces hypothèses que je dois examiner avant de décider, à partir, en plus, d’une enveloppe budgétaire qui est celle de la Loi de programmation militaire. Et donc, je… Moi, je ne serai pas le ministre de la Défense qui déciderait d’engager des programmes que nous ne serions pas en état de financer à moyen terme.
Fabrice LUNDY
Oui, c’est-à-dire que là, pour l’instant, ce que vous voulez dire, c’est que vous ne jouez pas forcément la carte française, la carte tricolore, il n’y a pas de nationalisme économique ; mais en même temps…
Hervé MORIN
Il y a, autant que possible, je…
Fabrice LUNDY
En même temps, votre programme n’est pas fait… Votre choix n’est pas fait… Sur les Américains.
Hervé MORIN
Autant que possible, j’essaie de faire en sorte que ce soit une carte française et européenne ; mais je dois aussi intégrer le fait que tout cela se fait dans une enveloppe budgétaire contrainte, et que cette enveloppe budgétaire contrainte doit m’amener à regarder toutes les solutions ! Ce n’est pas la première fois qu’on achète des programmes américains ! On a acheté, par exemple, des Hokkaï (phon) qui sont des avions de surveillance qui sont sur le porte-avions, ils sont américains ! On a acheté des Awaccs, ce sont des avions américains !
Fabrice LUNDY
Voilà, et on n’accepte, Européens, on n’accepte pas, en effet, que les Américains jouent uniquement la carte américaine et confèrent (phon) le dossier des avions ravitailleurs. Encore un mot, le rapprochement THALES / SAFRAN auquel vous appelez, n’a toujours pas eu lieu. Qu’est-ce qu’il se passe ? Vous n’êtes pas écouté ? Vous n’êtes pas…
Hervé MORIN
Ecoutez, j’ai… Moi, j’ai une exigence, c’est de faire en sorte que chaque euro soit bien dépensé. Quand je constate qu’il y a des bureaux d’études dans ces 2 entreprises qui sont… Qui bénéficient de crédits publics et qui font, peu ou pou, la même chose, alors qu’on pourrait créer des synergies, qu’on pourrait faire en sorte qu’on maintienne des grands pôles de compétences sans avoir à les diviser dans 2 entreprises, il m’appartient d’essayer de faire en sorte que les industriels s’entendent. THALES et SAFRAN ne sont pas… N’ont pas trouvé les termes d’un accord ; moi, j’ai décidé, en contrepartie, que s’ils ne trouvaient pas les termes d’un accord, c’est qu’ils ne devaient pas avoir besoin d’argent public, et donc j’ai purement et simplement gelé les crédits publics liés à cela.
Fabrice LUNDY
Voilà, en représailles. Dernière question…
Hervé MORIN
Ce n’est pas en représailles ! C’est une question de cohérence !
Fabrice LUNDY
En tout cas, logique, c’est ce que vous nous dites. Dernier sujet, on e parlait dans « L’Essentiel de l’info », l’Afghanistan, encore un hélicoptère de l’OTAN abattu par les Talibans. Série noire, ces derniers jours, une vingtaine de soldats internationaux tués dont 1 Français. Est-ce que vous croyez toujours au processus de dialogues avec les Talibans, Hervé MORIN ?
Hervé MORIN
Parmi les éléments de la solution, il faut que le gouvernement KARZAÏ engage un processus de réconciliation nationale et ce processus de réconciliation nationale passe, notamment, par une discussion avec un certain nombre de Talibans. Puisque nous, Occidentaux, utilisons le mot « Talibans » pour exprimer l’ensemble des insurgés ; il y a, en fait, 25…
Fabrice LUNDY
Tribus…
Hervé MORIN
Oui, et puis, entre Al-Qaida, le…
Fabrice LUNDY
Bien sûr…
Hervé MORIN
Le Ghoul du Mollah Ak Maktiar (phon), etc., etc., il y a toute une série de groupes, et à travers ces groupes, certains qui sont, si j’en crois nos informations, qui pourraient éventuellement engager une discussions.
Fabrice LUNDY
Et c’est l’homme de la situation, KARZAÏ ? Il est crédible ?
Hervé MORIN
Il a été élu.
Fabrice LUNDY
Il a été… Oui, il a été élu, mais est-ce que c’est… Est-ce qu’il est l’homme de la situation, malgré tout, voilà ?
Hervé MORIN
Ecoutez, il a été élu, il s’est engagé devant la…
Fabrice LUNDY
Est-ce qu’il trouve gré aux yeux des Occidentaux, voilà ?
Hervé MORIN
Il a été élu, il s’est engagé devant la Communauté internationale à améliorer la gouvernance, à faire en sorte qu’on lutte plus contre la corruption et engager un processus de réconciliation nationale. Jugeons-le sur les actes.
Fabrice LUNDY
Il s’est engagé, voilà, maintenant, jugeons-le, en effet, et là, pour l’instant, eh bien il n’y a pas forcément des engagements, voilà, extrêmement précis ; on sati que les Américains…
Hervé MORIN
Au moins, la discussion est engagée.
Fabrice LUNDY
S’est engagée. Hervé MORIN, voilà, qui a passé un long moment avec nous, ministre de la Défense, président du Nouveau centre, merci, bon retour.
Hervé MORIN
Merci. Au revoir. 18 :30 :05. FIN$