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Hervé Morin : Interview à TV Magazine

Dans une interview parue vendredi 19 février dans TV Magazine, Hervé Morin dit tout sur ses préférences cathodiques : information, séries, plateaux, évolution du petit écran...

Hervé Morin, êtes-vous un grand zappeur ?
Oui, un vrai. Dès qu'une scène me déplaît ou que vingt secondes d'images me fatiguent, je zappe.

Quelles sont vos chaînes ou émissions de prédilection ?
Equidia, bien entendu, car je suis un passionné de cheval ! [Hervé Morin est aussi éleveur-propriétaire.] Je regarde par ailleurs les chaînes d'info. Je faisais remarquer à Alain Weill, le patron de BFM TV, qu'il était malin parce que ses tranches d'information démarrent trente secondes avant ses concurrents. Pour les impatients, c'est presque la garantie de commencer par sa chaîne ! Après BFM, je zappe sur LCI et I >télé pour apprécier les différentes lignes éditoriales.

Avez-vous des préférences du côté des grands JT ?
Je ne les regarde quasiment jamais. Mais je m'oblige à les suivre pour voir ce que nos compatriotes "ingurgitent" chaque soir.

"Ingurgiter" est un mot très fort...
Je l'assume, car je trouve que ces journaux proposent souvent une vision très sombre de la société. Même si l'information est trop souvent dramatique, il est rare de croiser le bonheur et la réussite des Français dans les JT.

Vous méfiez-vous du traitement de l'actualité ?
Non, je pense simplement que les JT ne sont pas le reflet de la vie quotidienne. SDF, sans-papiers, faits divers angoissants... On peut comprendre que les Français soient parfois déprimés et anxieux face à l'avenir.

Êtes-vous un fan de séries ?
Cela m'est difficile aujourd'hui pour des raisons d'emploi du temps. Mais, lorsque j'étais étudiant, j'étais totalement fan de Dallas.

Chez les Ewing, étiez-vous plutôt J.-R. ou Bobby ?
Plutôt Bobby. Mais, à la fin, j'étais complètement fasciné par le cynisme de J.-R. Syndrome classique... (Rires.)

Avez-vous déjà vécu un fiasco sur un plateau télé ?
Lors du premier tour de la présidentielle de 2002. Je suis arrivé énervé, profondément perturbé par la présence de Le Pen au second tour. Je me suis rendu compte que ça n'allait pas, car, dès mon retour dans le bureau de François Bayrou, je n'ai eu aucun commentaire. Le lendemain, toute ma famille m'a confirmé que j'avais été mauvais.

Vous avez corrigé le tir depuis ?
À mon sens, on devient bon, à la télé comme à la radio, quand on est capable de faire passer un message en quelques secondes tout en étant soi-même. C'est plus facile pour moi lorsque je suis seul face à un journaliste. Sans public, j'oublie vite que, derrière la caméra, il y a les téléspectateurs.

Que pensez-vous du débat politique à la télévision ?
C'est extrêmement frustrant, car les temps de parole sont très courts, notamment lors des soirées électorales. Quand vous avez la parole deux fois en cinquante minutes, vous pouvez être heureux !

Quel est votre souvenir télé le plus fort ?
Les images du 11 septembre. Je suis resté scotché devant ma télévision toute la journée...

Propos recueillis par Emmanuel Galiero