Vie du parti

Escale avec mon Tour de France en pays Cathare

Lundi 9 mai  2011 : A l’invitation de Jean-François Daraud, le dynamique président de la fédération de l’Aude, je fais escale avec mon Tour de France en pays Cathare…

Aujourd’hui je me déplace dans l’Aude. Une terre sèche et aride pour ceux qui ne feront que la traverser, une terre ô combien riche par son histoire, par ses hommes et par son terroir pour ceux qui feront preuve de curiosités…
Il faut que je vous rappelle, avant d’aller plus loin, qu’au XIIème siècle s’est développée dans cette région une religion chrétienne différente du catholicisme : le catharisme.
Et bien que cette nouvelle croyance fût totalement éradiquée par une croisade et l’inquisition, elle restera comme l’un des symboles de la tolérance, de la liberté et de l’ouverture d’esprit de la culture occitane.
Tolérance… liberté … ouverture d’esprit… des valeurs que je partage et qui sont au cœur de la société de la reconnaissance !

Castelnaudary. 13h. établissement Spanghero.
Castelnaudary, c’est LA capitale mondiale du cassoulet...et le cassoulet c’est LE plat le plus vendu en France. Sur les 18 000 Tonnes de cassoulet fabriquées en France, 14 000 le sont à Castelnaudary.
Les établissements Spanghero ont été fondés en 1970 par Laurent Spanghero. C’est d’ailleurs lui qui m’accueille. Je comprends très vite pourquoi la fratrie Spanghero, Walter et Claude en tête, a marqué l’histoire du rugby : carrure de déménageur, cou de taureau mais surtout mains de la taille d’un battoir…
Je visite donc l’établissement qui est aujourd’hui le plus gros employeur privé du département avec près de 450 salariés. D’ici, sortent des milliers de palettes de cassoulet mais aussi des plats cuisinés, des brochettes ou encore des saucisses (+ de 200 références).
Pour rester compétitif, il faut maitriser les coûts. L’entreprise se fournit donc principalement en haricots d’Argentine : 900€ la tonne contre 1300€ pour le haricot français qui ne rentrera que dans la composition des recettes « haut de gamme » du cassoulet.
Pour le porc c’est le même combat, majoritairement, il provient d’Espagne. Le prix n’est pas le seul critère…La proximité géographique rentre ici en ligne de compte.
« Comment vous situez-vous par rapport à la concurrence étrangère? » ma question est claire. Leur réponse l’est aussi. « En France, dans les abattoirs, votre salarié vous coûte 22€ alors que dans le même temps en  Allemagne il n’est que de 11 !!! Comment voulez-vous que nous soyons compétitifs, nous n’appliquons pas les mêmes règles que nos voisins ! ».
Lors de la table ronde qui s’en suivra, je vais pouvoir mesurer à nouveau les angoisses du monde agricole. Laitiers et éleveurs ne peuvent  plus faire face à l’augmentation constante du prix des matières premières… Le soja bio est passé en quelques mois de 350 € la tonne à 800 € la tonne sans que le prix de vente n’augmente ! Les témoignages sont poignants. Ils me mettent en garde en me disant que « l’agriculture va s’arrêter », « qu’ils ne seront bientôt plus en mesure d’assurer la sécurité sanitaire ». Je ressens chez eux lassitude et détresse. Le monde agricole, je leur dis clairement, « n’est pas valorisé comme il devrait l’être ». « La France doit retrouver une agriculture puissante pour relever le défi des 40 prochaines années : nourrir les classes moyennes des pays émergents ».
En quittant l’usine pour rejoindre Limoux, je m’aperçois une fois encore que nous avons besoin de plus d’Europe. L’harmonisation fiscale et sociale… Un impératif !
 

Limoux. 16h30. Coopérative « Les Vignerons du Sieur d’Arques »

Je visite donc la coopérative « LES VIGNERONS DU SIEUR D’ARQUES » qui s’étend sur 42 communes. Elle est composée de 300 vignerons qui représentent 5.000 hectares de vignoble. Chaque année c’est 6 millions de bouteilles de vins effervescents et 14 millions de vins rouges, blancs et rosés qui sortent d’ici. Il y a 150 salariés. Le chiffre d’affaires est de 45 millions d’euros. La société est tout juste à l’équilibre.
Je suis touché part cette laborantine qui a 25 ans de maison et qui me parle de cette société qui a su « conserver un esprit de famille et maintenir des rapports humains malgré sa croissance ».
« La Filière viticole Audoise est malade » c’est en substance ce que l’on me dit lors de la seconde table ronde. Les causes ? Elles sont nombreuses pour ces exploitants et vignerons : « Le prix des matières premières qui s’est envolé», « les prix d’achat imposés par la grande distribution », « les sacrifices qu’il faut consentir si l’on veut être référencé », « la proximité avec l’Espagne où les mêmes produits phytos sont 30% moins chers que chez nous », « les réglementations qui diffèrent d’un pays à l’autre » !
Le travail n’est pas reconnu à  sa juste valeur c’est une constante pour tous ces vignerons. L’un de me dira cette phrase : «  vous savez Mr Morin, quelques centimes en plus ou en moins peuvent tout changer… ».
Je les questionne sur l’exportation de leurs produits et la représentation des vins audois dans les linéaires à l’étranger. « Nous sommes des gens de production. Peut-être les meilleurs. Mais en vente nous sommes loin des néo-Zélandais, des chiliens, des australiens ou des africains du sud… ».
 Il y a une piste à travailler j’en suis convaincu. Comme pour les éleveurs, il faut miser ici aussi sur le marché des pays émergents ! Il n’y a pas de raison que la France rate ce rendez vous. Nous avons tous les outils pour y arriver ! Les viticulteurs de l’Aude se sentent désarmés. Ce secteur est essentiel pour la région et pour la France. Une fois de plus j’entends ce besoin de reconnaissance.


Cette étape de mon tour de France se terminera à Carcassonne. Près de 200 personnes, dont de nombreux élus, étaient venues pour assister à la réunion publique autour de Jean-François Daraud. Je suis, pour le moins impressionné par la motivation de cette jeune fédération dont je suis certain qu’elle se développera. Deux heures de questions réponses dans une salle curieuse de découvrir ma vision de la France : celle d’une France apaisée et sereine, celle d’une France qui réserve une place à chacun et où chacun a sa place.


Carcassonne : une ville à laquelle je suis humainement liée depuis un jour de juillet 2008. Une ville que je quitte avec une pensée toute particulière pour les hommes du « 3 ».