Jeudi 3 février 2011
Rendez-vous à quatorze heures avec la directrice du Bus des femmes, association loi 1901 créée en 1994 pour travailler avec et pour les personnes prostituées.
Et voilà Hervé Morin installé dans le camping-car de l’association aménagé en permanence. Direction le Bois de Vincennes, pour aller à la rencontre de Nicole, Marie Josée, Sylvie, Nathalie et les autres, toutes prostituées traditionnelles d’un certain âge et la plupart du temps françaises, qui reçoivent leurs clients dans de discrètes camionnettes.
Sur le chemin, France fait le point sur la situation de ces péripatéticiennes aux situations de plus en plus précaires qui représentent environ 30% de la prostitution de rue contre 70% formés par les très jeunes femmes d’origine étrangère victimes des réseaux organisés. Autrement dit la « traite ».
Au hasard des conversations chaleureuses avec ces dames, leur hostilité aux maisons closes, la nécessité de définir un cadre légal pour leur permettre de bénéficier de la sécurité sociale, cotiser pour leur retraite, payer leurs impôts comme des citoyennes ordinaires au lieu d’être verbalisées pour racolage ou stationnement illégal.
L’Association Bus des femmes comptabilise environ 500 personnes qui passent par semaine de jour comme de nuit à bord de cette unité mobile (12500 passages en 2010), un chiffre en augmentation. A chaque fois, l’équipe accueille, accompagne, informe et conseille. Parmi les principales demandes d’assistance, la lutte contre la violence, l’exclusion et les agressions, la prévention du VIH et de l’hépatite C, la contraception.