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18.09.2012 : Interview d'Hervé Morin - Le JDD.fr

En juillet dernier, vous avez rejoint à contre cœur le groupe UDI à l'Assemblée nationale. Pourquoi avez-vous accepté la présidence du Conseil national de l'UDI ?
Je le fais sans aucune arrière-pensée et de bonne grâce. La galaxie centriste est devenue un infime halo, quasi invisible même lors des nuits sans nuage. L'Union proposée par Jean-Louis Borloo est désormais une chance de revivre, de nous remettre sur le devant de la scène. Mais, j'ai prévenu tout le monde, il n'est pas question d'y dissoudre le Nouveau centre que je préside. Je continuerai d'ailleurs les idées de ma formation, notamment sur l'entreprenariat ou la compétitivité.

N'y-a-t-il pas un risque, à l'instar de ce qui s'est passé entre le Nouveau centre et l'UMP entre 2007 et 2012, que les instances de l'UDI prennent le dessus sur celles de ses partis-membres ?
Nous avons toujours su rester indépendants dans notre partenariat avec l'UMP. Il s'agit de notre allié naturel mais nous n'avons jamais été sous ses ordres. Plusieurs de nos idées ont même été reprises par le gouvernement. Mais ce partenariat n'est pas comparable à celui qui lie les membres de l'UDI. Entre centristes, on se connaît. Nous nous connaissons tellement bien que cela rend l'exercice encore plus compliqué. Mais, si nous parvenons à nous écouter et à faire coexister nos différences idéologiques au sein d'une union, nous y arriverons. Donnons sa chance à ce mouvement. Soit ça marche, soit ça ne marche pas. On fera le bilan de tout cela dans deux ans, au moment des municipales.

On vous sent moins enthousiaste que le reste de la famille centriste…

Il est difficile de créer un parti dans le paysage politique aujourd'hui. La réforme du quinquennat a encouragé le bipartisme dans notre pays et la généralisation du système de primaire au PS et bientôt à l'UMP monopolise la vie médiatique, et donc politique, de notre pays. Jean-Luc Mélenchon a été écrasé par la machine socialiste lors des élections législatives tout comme François Bayrou a été sanctionné par les deux partis dominants. Et pourtant, ils représentent tous deux une partie des électeurs français. Il faut donc être organisé. En associant nos forces, nous pouvons regagner la densité politique nécessaire pour émerger.

Vous vous êtes opposés à Jean-Louis Borloo en amorce de la dernière campagne présidentielle. Ne craigniez-vous pas d'être écarté de l'UDI dans cinq ans, lors de la prochaine échéance ?

Avant de parler de présidentielle, il y a déjà maintes élections locales qui nous attendent. Par ailleurs, je vous renvoie aux articles qui étaient écrits à l'époque où François Hollande a été évincé du PS, après le congrès de Reims de 2008…